LETTRE INTERMÉDIAIRE AVRIL 2020 « Ce n’est pas le coronavirus qui va nous tuer, c’est la famine »

« CE N’EST PAS LE CORONAVIRUS QUI VA NOUS TUER, C’EST LA FAMINE »

      Cette phrase lancée par Méline quand enfin nous parvenons à la joindre (ces dernières semaines les réseaux bloqués nous ont empêché de communiquer) nous secoue. Quand elle dit « Nous », c’est au peuple malgache à qui elle pense en premier.

Comme partout ailleurs dans le monde, les situations les plus difficiles, avec l’épidémie de covid 19, s’expriment d’abord dans les grandes villes.

       À Tananarive, les travailleurs pauvres- et ils sont pléthore-tentent de  fuir la capitale, c’est un véritable exode. Les maigres ressources quotidiennes de revenus de ces habitants sont coupées immédiatement à cause du confinement. Des manques d’approvisionnements se font déjà ressentir et les prix augmentent.

       La circulation des taxis est interdite par le gouvernement, alors cette population part à pied, chargée de ballots, au mieux en vélo, sur lesquels sont parfois juchées des familles de 3,4,5 personnes. La « grande évasion » vers les campagnes représente la seule solution dans l’espoir de ne pas mourir de faim. Un ami, adhérent actuellement confiné à Tananarive,  nous confie : « Tananarive devient une véritable cocotte minute, les émeutes ne sont pas loin… » Le président Rajoelina a toutefois levé l’interdiction des transports en commun – durant trois jours – pour permettre l’évacuation des habitants vers leurs villages. Dans les stations de taxis, la cohue est indescriptible au mépris de toutes règles sanitaires…