Lettre 2 – d’Avril 2017 rédigée par Eve Perron

Lettre N°2 M.d.M

Eh oui, presque trois mois se sont écoulés depuis la parution de notre lettre 1 « M.d.M! ».

Nous en profitons pour saluer le travail de notre amie et artiste Évelyne Hemmelding qui a réalisé notre logo- très remarqué- et à propos duquel nous avons reçu de nombreuses félicitations! Méline et les FRN ont, elles aussi, été touchées par la beauté du graphisme et de son symbolisme. Nous l’avons fait imprimer sur un tee-shirt, il voyagera dans le sac à dos du prochain woofer qui se rend au Paradis bleu ce 25 mai!

Avec le recul nous pouvons affirmer que notre nouvelle association connaît un très bel essor. Grâce à vos encouragements de toutes sortes ainsi qu’à votre appui financier, nous poursuivons avec entrain l’aventure du Paradis Bleu et les projets de nos amis de Befotaka.

Notre grande première… ce sont les photos prises par Merry que vous allez découvrir. C’est donc uniquement avec son regard photographique que nous illustrerons cette lettre 2! Nous espérions depuis longtemps parvenir à ce quasi-exploit parce qu’il faut d’abord dénicher les appareils nécessaires puis…du réseau! Les problèmes d’approvisionnement en électricité sont devenus dramatiques, ainsi des révoltes éclatent ici et là à cause des coupures d’électricité. Les accès « internet » disponibles à Antsohihy (cette communauté urbaine de 200000 personnes habitant à 1h30 de taxi-brousse de Befotaka) sont rendus quasiment impossibles. Méline commente : « c’est de pire en pire, comme la température ! À Antsohihy, nous n’avons plus qu’une à deux heures par jour d’accessibilité au cybercafé; il y a quelques mois, l’approvisionnement était presque à zéro, mais maintenant c’est du moins 25… »

Enfants eparpilles qui plantent sur nouveau terrain

Enfants éparpillés

Voici la première photo que nous avons choisie, celle du terrain que nous avions acheté en mai 2016, investi par les enfants de la pépinière, en pleine activité de plantations !

Mais avant tout, que sont vos dons devenus ? Les chiffres et…commentaires (voir à la fin les comptes de l’association)

6550 €! C’est la somme récoltée jusqu’à présent (avril 2017) grâce à tous nos échanges, notre lettre 1 et? Notre inépuisableprécieuse  – en un seul mot- bourse aux livres ! L’Association « MdM. » voit régulièrement augmenter le nombre de ses adhérents: 45 en avril 2017- qui outre leur adhésion, nous ont versé des dons ponctuels et/ou ont opté pour un virement automatique.

D’autres ont préféré parrainer les enfants du foyer ou de la pépinière (nous parlerons de ces parrainages plus loin). Nous constatons que le nombre d’adhérents qui désirent accompagner les enfants augmente.

Dans la lettre 1, nous évoquions les défis à relever, le premier était la responsabilité financière sur laquelle la précédente association s’était toujours engagée: à savoir, au moins payer les salaires des 9 permanents qui oeuvrent au PB. Nous vous les présenterons dans la prochaine lettre.

C’est ainsi que dans le courant du mois de mars 2017, « MdM. » a pu grâce à vos dons, envoyer 1.100 euros –soit l’équivalent de leurs trois mois de salaire– sur le compte Malgache Fampintantana que nous avons ouvert à Antsohihy. Il était important d’assurer Méline de notre capacité à prendre le relais, mais aussi de la rassurer. Ces 1.100 euros provisionnent une partie des salaires du second trimestre. Le reliquat de cette somme est conservé pour constituer une avance de trésorerie.

Méline gère à présent les sommes qu’elle reçoit et définit les priorités, elle dit qu’ici, il n’y a pas la certitude de réaliser un programme, car on est contraint de faire avec ce qui nous arrive!

enfant qui joue

Petite fille qui joue près de sa case à Befotaka

Et ce qui est arrivé, mi-mars, c’est le cyclone Enavo. Il a occasionné des dégâts sur certaines constructions du PB, obligeant Méline à puiser dans les réserves pour ici reconstruire des parties de bâtiments endommagés, là rebâtir entièrement une salle de classe démolie.

Enavo (échelle 4 sur 5) a traversé Madagascar, alors que l’île souffrait déjà d’une intense sécheresse ce qui a entraîné la hausse immédiate de 30% du prix du riz, aliment de base des Malgaches. Tous les produits d’usage courant ont subi la même hausse insupportable à cause de la perte des produits agricoles et de la grande difficulté d’approvisionnement due aux routes qui ont été endommagées. Heureusement au PB seules les constructions ont souffert. La N.6 s’est encore dégradée. Méline en tant que maire entraîne les gens à la réparer pour empêcher trop d’accidents. Là encore la solidarité joue! Car personne n’est payé!

Mais nous ne baissons pas les bras et nous avançons malgré tous les cyclones!

LES PARRAINAGES

Dans ce contexte aggravé, certains jeunes se retrouvent encore plus démunis, ils ont donc besoin de notre appui pour continuer les études qui leur permettent d’envisager un meilleur avenir.

Cependant il faut avoir le ventre plein pour bien étudier… et les récentes augmentations de tous les produits de consommation sont devenues encore plus insoutenables pour leurs parents.

C’est pourquoi, les 600 € que nous avons envoyés pour leur parrainage, ont servi aussi à acheter 5 sacs de 50 kg de riz pour cinq adolescents du foyer: Daniela (17 ans, Term.), Soata  (14 ans, CM2), Mévatoum (22 ans, 1°), son frère Narcisse (20 ans, Term.) et Jahozandry
(18 ans, seconde).

Ce qui leur permettra de manger jusqu’à juillet 2017, fin de l’année scolaire. Leur consommation quotidienne est à peu près de 800 gr de riz cru/jour, soit 2,5 kapoks (le contenu d’une petite boîte de lait Nestlé)

Mévatoum et Narcisse grâce au parrainage ne travaillent plus à l’entretien de l’environnement. Ils peuvent à nouveau consacrer du temps à leurs études ce qui a entraîné l’amélioration de leurs résultats scolaires! (2 jardiniers -Dasson et Jean-Louis –ont été embauchés, ils les remplacent désormais dans ce travail d’entretien)

Daniela , enfant parrainé

Daniela , enfant parrainé

Le parrainage d’un collégien ou lycéen hébergé et nourri au foyer du PB représente: 15 €/mois. Cette somme paye le bouillon: le bouillon correspond à une poignée de légumes bouillis auxquels s’ajoutent parfois quelques crevettes desséchées pour donner du goût. Les produits d’hygiène comme le dentifrice, le savon et parfois un vêtement de rechange rentrent dans le parrainage.

L’écolage des enfants qui ne viennent au PB que pour l’école représente 3 €/mois: l’adhésion, les fournitures scolaires qui sont par ex 10 fois plus chères pour un CM2 :10 cahiers de 200 p contre 2 cahiers en CP. Sachez que les
sommes que l’on vous indique pour le parrainage sont données à titre indicatif lorsque « tout va bien ».

Soata

Soata

Reboisement du nouveau terrain.jpeg

Mévatoum avec les enfants de pépinière: reboisement du nouveau terrain

En effet s’il survient des problèmes de santé (par ex, Janot qui a une santé assez fragilisée), les coûts s’envolent : transport, consultation, médicaments (pour un niveau de prise en charge médical très médiocre)

Dans ces situations difficiles, Méline, parfois avec les FRN, mutualise les moyens matériels et financiers dont elle dispose. Elle concentre tout son effort pour trouver la meilleure solution, le reste attendra !

À un autre moment, un short, une chemise, une paire de claquettes se déchirent…alors il faut remplacer, car l’étagère à vêtements est vide. Lorsque vous souhaitez que vos dons soient attribués aux parrainages, vous pouvez préciser pour quel(le) enfant, sinon Méline fera au mieux pour chacun d’eux.

 

L’ÉCOLE

Janot:12 ans écolier- charbonnier           

Pour Méline, la priorité c’est L’Éducation des enfants et la sensibilisation au travail de la terre nourricière. Le savoir est un investissement non une dépense : rien ne sera possible sans
l’accès à l’éducation. Dans ce domaine, le PB porte une valeur d’exemple et d’énergie dans toute la région. L’École de la Pépinière, crée en 2013 est devenue quasi autonome.

L’école paye ses 11 instituteurs, gère plus de 400 enfants. Nous prenons encore en charge le salaire d’un instituteur /bibliothécaire Justin et le salaire de Rosalie, institutrice au cœur de la brousse. Méline dit qu’avec l’École trois grands axes se dégagent :

  1. Elle crée des emplois principalement pour les femmes,
  2. Elle fait évoluer les enfants,
  3. Elle permet de payer à présent les livres, le mobilier scolaire et même de dégager un peu de bénéfice.

À présent, une des clés de l’autonomie financière du PB est l’École avec un rendement financier immédiat. Ida, la femme de Merry après son accouchement (Mérida est née début avril) prend de nouvelles fonctions en tant que sous-directrice et supervise les enseignants. Elle organise des réunions ponctuelles et fixe les lignes pédagogiques.

Janot, le petit garçon qui écrivait dans le sable, est devenu le premier de sa classe de CP2 ! Il illustre l’esprit de solidarité comme le cœur de l’action qui s’exerce au PB ! Ici, pas de « déficit de solidarité », origine de la plupart des crises ; au Paradis Bleu et avec vous « on résout ensemble »dans un véritable échange, c’est bien le contraire de la charité !

Méline dit: « on lui tient la main, on vous tient la main et vous tenez la nôtre ! » Ah si tous les gars du monde ! Il reste que pour aider ses parents, Janot, travaille encore comme charbonnier, les jours sans école. Ce petit garçon, volontaire, intelligent aurait pourtant besoin de se reposer. Méline souhaite le prendre au Foyer à plein temps, elle attend l’accord de ses parents.

 

PROJET SONGHAI

En la personne de Merry, nous avons un « chef de culture »du Paradis Bleu particulièrement soucieux de ces 3,5Ha de terrain qui, vaille que vaille, avec les deux jardiniers et Jean Claude Passe Partout », continue au quotidien à appliquer les techniques de Permaculture (photo ci- dessous).

Ils entretiennent au mieux les terres et plantations de fruitiers. Le rendement actuel permet l’autonomie en apport de légumes et de fruits. Merry est la personne désignée pour partir à Songhai (http://www.songhai.org) et pour résoudre les problèmes qui se posent encore au PB pour parvenir à une bonne autonomie alimentaire.

Digue creusée par Narcisse

Comme vous venez de le lire, l’école est une pleine réussite avec ses 400 enfants scolarisés. En même temps la présence au quotidien de ces petits avec les personnes qui les encadrent va finir par créer une pression sur l’environnement. Il nous faut trouver une solution au problème des toilettes. En effet la production d’excréments humains pourrait occasionner la pollution bactérienne de l’eau des puits, ce qui peut devenir une source de morbidité et de mortalité importante. Plus la population est importante, plus la pression sur l’environnement est forte. Méline et Merry sont évidemment sensibilisés à ce problème, mais à Madagascar on se heurte à une barrière rituelle très puissante nommée : « Fadi ».

Le « Fadi » ou Interdit formel est posé ici à propos du possible contact avec les déchets humains. Méline nous le cite précisément: « les excréments humains ne peuvent pas être touchés, ils ne peuvent pas non plus avoir de contact avec une plante qui rentre dans l’alimentation » ainsi le compost fait avec les bouses de zébu ne peut pas être mélangé par ex avec les excréments humains ce qui pourrait être un précieux apport pour la terre.

La formation que Merry doit suivre pendant six mois à Songhaï au Bénin permettra certainement aux gens du PB de prendre en main leur avenir. Merry va pouvoir acquérir les outils de connaissance nécessaires, identifier les meilleures pratiques à appliquer au PB et les transmettre !

Entre autres enseignements (nous vous recommandons d’aller voir le site !) il est proposé aux stagiaires des modules sur la gestion de tous les déchets végétaux, animaux, humains. Ceux-ci sont collectés dans un digesteur qui produit du méthane celui-ci peut dès lors fournir le gaz pour la cuisson des aliments et l’énergie pour donner de l’électricité.

Adapter cette technique au PB, tout en tenant compte du Fadi, aura un triple avantage:

  1. Conservation d’une eau saine de meilleure qualité, donc amélioration de la santé.
  2. Autonomie énergétique avec production d’électricité
  3. Grâce au gaz: arrêt de l’utilisation du bois pour la cuisson des aliments (en grande partie responsable de la déforestation). Avec un bénéfice temps et qualité de vie remarquable pour les femmes qui préparent les repas.

PROJET Financement Songhai

Nous avons actuellement les fonds nécessaires pour payer le billet d’avion (1500€), le logement (1200€), les frais de formation (300€ pour un Africain). Nous évaluons à quelque 2000€ la somme à trouver pour ces six mois de formation au Bénin. Elle se répartit en différents postes, tout d’abord, le plus important celui de l’alimentation 8€/jour (soit 1500€), les frais pour le matériel (bottes, combinaisons de travail, sorties pédagogiques), et la prévision d’une petite cagnotte! Nous n’attendons plus que le passeport de Merry qui est en train de faire les démarches à Antananarivo, la capitale.

Il restera à trouver pour début Juillet, au vu de notre trésorerie actuelle (3900€) : 1000 € pour le solde du séjour Songhai et 1000 € pour la participation aux salaires du 3° trimestre.

Les nouvelles marmites des FRN: un des premiers financement de M.d.M 2017

 

RÉCAPITULATIF DES COMPTES au 17 avril 2017

Argent reçu 2016/ 2017: 6550 ,00 €

Cet argent provient de:

  • Adhésions: 45 adhérents
  • Virement permanent de soutien: 11 adhérents
  • Bourse aux livres : 350€ + divers: 110€

Dépenses effectuées: 2750,00€

Répartition des dépenses:

MADAGASCAR

Ouverture du compte Fampintantana: 300,00€

Salaires 2° trim 2017: 1100,00€

Parrainages: 600,00€

Divers (achat riz, réparations des bâtiments): 500,00€

TOTAL Madagascar: 2500,00€

FRANCE

Fournitures (papier+ photocopies): 157,00 €

Timbres (offerts par donateur): 0,00€

Frais bancaires en cours de restitution: 93,00€

TOTAL France: 250,00€

SOLDE EN CAISSE : 3800,00€

 

 

ADHESION 2017: 25€

Tous les dons et les virements permanents ou occasionnels donneront droit à la délivrance d’un reçu permettant la déduction fiscale de 66%. RIB ci-dessous.

Nom du compte: Association Main dans la Main: FAMPINTANTANA

Adresse postale: 12 bis av Yver, 89000 Auxerre

Telephone: 06 08 30 44 45

Merci par avance de nous faire savoir si vous préférez recevoir les informations, les lettres par courrier électronique ou postal.

Notre mail: drouhin.jacques@neuf.fr