Lettre n°20 d’Août 2016: à la charnière de la scission d’avec ENM.

        La lettre ENM n°20 écrite en Août 2016, suite au retour du voyage de Jacques et Ève à Befotaka, est notre dernière lettre écrite avant de quitter ENM pour créer l’association : Main dans la Main.

Si vous désirez prendre connaissance de cette lettre 20, cliquer sur ce lien:

LETTRE ENM N°20

Explication de la scission

Pourquoi l’association ENM fondée par Nicolas Sersiron et Jacques Drouhin en 2002 – a-t-elle fini par se scinder, pour donner naissance à une autre association : « Main dans la Main » (Fampintantana), dont l’objet, qui est prioritairement l’autonomie alimentaire (à travers la permaculture), reste le même ?

En Novembre 2016 ,Jacques a démissionné de l’association ENM.

Une décision difficile, mûrement réfléchie, motivée à la fois par des critiques personnelles subies hors du strict cadre associatif, mais aussi par de sérieuses divergences de vues, qui ont amenées de telles tensions qu’il devenait malheureusement impossible de poursuivre ensemble le chemin.

Dans le climat délétère qui s’installait déjà depuis quelques temps (démission d’Ève en 2015), il n’y avait pas d’autre choix pour nous que de quitter ENM.

Vous trouverez ci-dessous le « texte fondateur », nommé ainsi et écrit par N.Sersiron sur le site d’ENM. Ce texte a été surligné par nos soins ,de façon à mettre en évidence certains des arguments d’ENM avec lesquels  nous ne pouvions être en accord. Même si le fondement politique nous paraissait respectable, la réalité et l’urgence du « terrain » au Paradis Bleu s’imposaient à nous de façon impérative .Par exemple , le discours sur la dette ne pouvait trouver qu’une écoute indulgente, mais distante, auprès des habitants du PB , car on ne fait pas de théorie politique le ventre vide!

Texte fondateur: l’humanitaire et la dette de N.Sersiron:

« L’action humanitaire est, avant toute réflexion, un élan de solidarité, un geste de fraternité humaine qui satisfait notre besoin compassionnel. C’est aussi une rencontre avec l’autre dans sa différence, et de ce fait, très enrichissante. En refusant que la loi du plus fort s’applique dans sa plus totale rigueur, elle est aussi déculpabilisante. Je donne à l’autre du matériel, du temps dont je dispose et je reçois en échange du lien affectif dont j’ai besoin pour vivre bien. Dans le langage dominant on pourrait dire que c’est du « gagnant-gagnant ». La relation entre celui qui donne et celui qui reçoit, à première vue, s’équilibre.

L’histoire nous montre que l’humanitaire, expression moderne de la charité, n’a jamais permis aux pauvres de retrouver, si ce n’est l’égalité, au moins un niveau de vie décent. Sans dire cyniquement qu’il permet aux dominants d’être conforté dans leur position de gagnants du combat « non faussé » de la compétition planétaire, on peut se demander pourquoi 3 milliards d’humains vivent avec moins de 2 $ par jour, sans que ce nombre soit en diminution.

      L’humanitaire arrive toujours trop tard. Comme si sa neutralité le rendait non responsable du désastre au milieu duquel il s’active. Au nom de la solidarité, trop tardive, de l’urgence, il panse les plaies sans en chercher les raisons. Pourtant, il appartient bien à cette économie mondiale fondée sur l’individualisme qui promeut la victoire des plus forts sur ceux qu’il vient secourir. Un sacré grand écart, difficile à reconnaître ! Que faire ? Peut-on se contenter de soigner ? N’est-il pas plus intéressant, au nom de la solidarité, de travailler sur les causes ?
Penser l’avenir, avoir une action politique fondée sur la fraternité, refuser la dévastation qui sera léguée aux générations futures revient clairement à quitter la pensée individualiste dominante. Aucune société ne peut survivre en sacralisant l’égo de chacun. » Pdt Nicolas Sersiron.

Pour nous , Non , l’action humanitaire n’est pas irréfléchie, elle ne « satisfait » pas un simple « besoin compassionnel ». Non, nous ne faisons pas la »charité » moderne, mais Oui , nous pratiquons une solidarité active, concrète, efficace. Nous sommes convaincus qu »il n’est jamais « trop tard »! « Soigner » n’est pas une maladie!C’est pourquoi nous avons immédiatement créé, avec le soutien plein et entier de Méline, une nouvelle association qu’elle -même, a baptisée : FAMPINTANTANA , c’est à dire Main dans la Main!

Nous voulons établir avec Méline et les amis du Paradis Bleu une relation plus proche fondée sur la confiance, le dialogue,les échanges directs avec une évaluation constante des besoins et des projets qui y répondent.

Évidemment l’aventure du Paradis Bleu trouve ses fondations , et a beaucoup progressé pendant les 14 années que nous avons passées à travailler ensemble avec l’ancienne association ENM.

Et pour nous , l’aventure continue, et s’invente chaque jour ensemble, « main dans la main » !