Méline est devenue Maire de Befotaka Nord en Octobre 2015

Les préparatifs pour l’investiture de MAI 2015 à Octobre 2015

 

Les femmes de Befotaka, dont bien sûr les FRN (Femmes Réveillons-Nous, mouvement crée par Méline), se sont mobilisées autour de Méline pour faire cesser les exactions et mettre fin à la corruption de la gendarmerie locale qui depuis des mois terrorisait la population. Paysans battus, petites filles entre 5 et 15 ans violées, sexe d’un jeune homme brûlé, vol de zébus , vente forcée de rizières, perquisition de nuit de la gendarmerie après avoir dissimulé du cannabis dans les maisons.

Ces événements criminels dirigés contre la population locale ont décidé Méline à agir pour le plus grand nombre…

Justement l’opportunité de nouvelles élections pour le poste de Maire avec clôture des candidatures le 8 Mai 2015 lui a permis de franchir le cap avec le soutien du député Iréné, originaire de Befotaka.

Avec l’aide des FRN, Méline s’est assurée du bon déroulement de la campagne électorale dans les 17 Fukuntanes (communes) qui représentent plus de 20 000 habitants ; elle a crée un « parti libre » et humaniste : le MAKALOMBO dont les lignes de force sont le « Sihavanana » c’est à dire l’Amitié, l’Aide, la Confiance, la Tolérance.

La grande Ambition de Méline est de « remettre de la loi », et de rejeter la dictature des gendarmes.

Ses grands thèmes de campagne sont : l’école, l’eau, la santé.

Mais pour elle, le plus important est de convaincre la population que le changement est possible, elle s’appuie en cela sur l’extraordinaire expérience vivante du PB !

 

LES ÉLECTIONS/ LA CAMPAGNE

Dès lors c’est une course contre la montre. Se rendre dans les fukuntanes, convaincre la population de voter pour elle et pour le changement ce, en moins de trois mois.

 

Les élections ont lieu le 31 Juillet, partout dans les bureaux de vote ont été « postés » des FRN ou des représentants du parti de Makalombo.

Le 16 Août c’est la proclamation des résultats :

Sur 2446 votants

1406 votes pour Méline

796 votes pour l’ancien maire

244 votes pour un parti adverse.

 

La proclamation officielle n’aura lieu que fin Août 2015.

Mais cette date va encore être retardée par le dépôt de la plainte de Nestor (l’ancien maire) au motif que les partisans de Méline auraient exercé de l’intimidation sur les électeurs afin que ceux-ci votent pour elle.

Méline devra donc se rendre à Majunga ( 9heures de taxi brousse de Befotaka ) pour se défendre auprès du tribunal administratif.

Elle sera, en cela, soutenue par Iréné , le député.

Suite à l’action menée par Méline soutenue par les FRN, une enquête gouvernementale a été ouverte contre les gendarmes et l’ancien maire (celui-ci couvrait les gens de la brousse coupables de viols sur les mineurs). Les exactions commises ont enfin pu cesser.

La corruption a pu être arrêtée.

Voilà sa meilleure « arme » de défense !

 

En outre, elle détient tous les témoignages et preuves qui relatent les exactions de l’ancien maire.

 

A l’issue d’une semaine d’attente Le tribunal Administratif a finalement débouté la plainte de Nestor.

De retour de Majunga, en plein milieu de la nuit le taxi brousse dans lequel voyageait Méline s’est renversé, c’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à 3heures du matin à l’hôpital avec une forte commotion et de nombreuses contusions.

Elle a dû rester en observation trois jours durant lesquels elle a pu continuer à élaborer son programme pour la commune et échanger avec les FRN venues la réconforter.

 

MELINE OFFICIELLEMENT MAIRE DE BEFOTAKA

 

Affaiblie physiquement mais vaillante psychiquement, Méline a pris officiellement ses fonctions le 5 OCTOBRE en commençant par faire l’inventaire du matériel communal.

 

Les 15, 16, 17 Octobre : tous les maires de Madagascar (1382 hommes et 83 femmes soit 5%) ont été reçus par le Président de la République et par le ministre de la Culture.

Le Ministre de la Culture a reformulé l’offre qu’il avait précédemment faite de fournir des ordinateurs pour la bibliothèque accompagné d’une source d’énergie (cet équipement informatique de la bibliothèque avait été bloqué par l’ex-maire).

 

Les 83 femmes maires ont décidé de créer en 2015 une « association des femmes maires » c’est un vivier de partage pour ces femmes surtout pour celles qui sont issues comme Méline du milieu rural.

« Moi je n’ai pas de diplôme parmi tous ces diplômés que je rencontre dans ces réunions politiques mais j’ai des idées et des mots à dire grâce au soutien d’ENM qui me donne de l’énergie nécessaire à ma mission»

 

Pourquoi Méline a pris la décision de se présenter comme maire ?

Elle répond à cela :

«  J’étais bloquée par le politique  donc   je vais entrer en politique ».

Elle travaille de 9h à 11 h et de 15H 30 à 17H dans les nouveaux bâtiments de la mairie qui sont proches du PB.

Pour l’instant, les conseillers municipaux de l’opposition ne lui mettent pas trop de bâtons dans les roues. A chaque séance, elle commence par un discours direct «  il n’y a pas de patati patata » !

«  J’ai été élue candidate pour améliorer les choses et non pour m’enrichir »

Entourée de 7 conseillers à « la parole libre » et chargés de domaines spécifiques (dont Nestor à qui elle ne confie que peu de responsabilités) elle dit parvenir « à changer les choses pas à 100 % mais au moins à 35% » !

Premier grand changement au bout d’un mois : toutes les signatures nécessaires aux papiers administratifs sont devenues gratuites pour la population contrairement aux pratiques précédentes.

D’autre part les 10 salariés de la commune sont payés en temps et en heures grâce à la perception des taxes due par les collecteurs de crabe, les places de marché. Avec l’ancien maire, les salariés étaient payés avec plusieurs mois de retard ou jamais.

Les maires qui ne reçoivent aucune rétribution de l’Etat sont très facilement corruptibles.

Le rapport avec la police dont elle est devenue la responsable, se passe calmement, Méline dit « je prends le temps de me respirer ».

 

Un mois après sa prise de fonction : « Je cours pour faire ce que je peux faire ; je trouve tous les moyens pour terminer ce que j’ai entrepris ».

Elle parle de la difficulté de sa fonction de maire jusqu’à ce sentir perdue parfois.

Le plus difficile est de prendre une décision lorsque les gens se disputent pour des problèmes de limite de terrain, ou de voisinage.

A ce moment-là, elle est obligée de prendre la fonction de juge et donc d’enquêter. Cela prend du temps d’aller dans les villages, d’écouter les différentes versions des faits en essayant de déterminer ce qui est vrai, elle dit devoir arriver à une bonne parole !

Elle a assisté à 2 formations au mois de Novembre à Majunga pour comprendre le travail d’un maire.

Fin Décembre elle a été grand électeur et a voté pour élire les sénateurs.

 

         Mon grand projet sera de faire respecter le droit de l’enfant et le droit à l’éducation